Fusillade de Badian

Le 8 avril 1944, Maurice Prodon, 34 ans et Aimé Tavernier, 20 ans, furent arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à déjeuner dans la demeure de la famille Prodon à St-Jean-de-Gonville. Un peu plus tard, Louis Chappaz, 47 ans, qui travaillait dans ses vignes à Challex fut lui aussi arrêté. Tous trois furent conduits à Gex, au quartier général de la police allemande ainsi que d’autres personnes arrêtées peu avant midi lors d’une rafle dans le train en gare de St-Jean-de-Gonville.

Tous les prisonniers furent relâchés à l’exception de Maurice Prodon, André Tavernier, Louis Chappaz et un Inconnu. En début de soirée, ils se retrouvèrent encadrés par des soldats et conduits en véhicule sur ce qui semblait être la route du retour. Au lieu-dit Badian, dans un petit bois, des rafales furent entendues… Le mardi, Félix Blanc, Louis Matty et Aristide Serre furent réquisitionnés par l’occupant pour enterrer sans un mot, sur les lieux de cette exécution, les quatre victimes, dont les corps ne purent être transférés au cimetière de Thoiry que dix jours plus tard.

Après la guerre, le 17 septembre 1944, les familles purent enfin rapatrier les corps dans les cimetières de leurs villages, à l’exception de celui du fusillé Inconnu qui repose à présent dans le cimetière des Maquis de l’Ain à Cerdon.

Depuis toutes ces années, par delà l’énigme que représentent les raisons de cette fusillade, la mémoire de ces victimes, de ces martyrs est honorée discrètement, fidèlement.